Milne-Edwards, Alphonse (1835-1900)
et sa famille
Milne-Edwards Alphonse (concessione Museo Storia Naturale di Parigi)

Le nom de Milne-Edwards est mentionné dans les lettres à partir de 1858, d’abord au titre de relation professionnelle d’André Marie Constant Duméril (dont Henri Milne-Edwards prononce le discours aux funérailles le 16 août 1860), plus tard quand Alphonse Milne-Edwards devient membre de la parenté des Mertzdorff.

Henri Milne-Edwards (1800-1885) est né à Bruges, du second mariage de l’anglais William Edwards (avec Elisabeth Vaux qui, elle, est française), riche planteur de la Jamaïque qui a eu plusieurs autres enfants de sa première union. William Edwards, qui aide des Britanniques à rejoindre leur pays, est arrêté par les troupes de Napoléon. Henri Milne-Edwards est alors conduit à Paris par son frère aîné William Edwards, médecin. Henri grandit en France – dont il prend la nationalité – et est élevé par son demi-frère aîné, William, jusqu’à ce que leur père vienne définitivement s’installer à Paris en 1814.

Il étudie la médecine et obtient son doctorat en 1823. Il suit les cours de Georges Cuvier (1769-1832) et se lie d'amitié avec Jean Victor Audouin (1797-1841). C'est avec ce dernier qu'il réalise entre 1826 et 1828 une étude détaillée de la faune marine côtière des environs de Granville. En 1832, il participe, comme membre fondateur, à la création de la Société entomologique de France et devient professeur d’histoire naturelle à l’Ecole centrale des arts et manufactures et au lycée Henri IV. Docteur ès sciences en 1836, membre de l’Institut en 1838, Henri Milne-Edwards devient, la même année, aide naturaliste de la chaire d’histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes ou des animaux articulés au Muséum avant d’être nommé professeur en 1841, à la mort d’Audouin. En 1844, il devient professeur de zoologie et de physiologie comparées à la faculté des sciences de Paris. Pédagogue émérite, il offre un enseignement attractif, en s’appuyant sur des démonstrations pratiques. En 1862, il succède à Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire (1805-1861) à la chaire de mammalogie du Muséum, qu’il quitte en 1876 afin de se consacrer pleinement à ses responsabilités au sein de la faculté des sciences dont il est devenu le doyen trois ans plus tôt.

Henri Milne-Edwards innove en alliant l’anatomie comparée de Georges Cuvier avec la physiologie. Dans son Introduction à la zoologie générale ou Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (1851) il développe une théorie de la « division du travail physiologique » : les animaux inférieurs, constitués d’un seul type de tissu, remplissent toutes les fonctions vitales tandis que les animaux supérieurs, dont chaque tissu est spécialisé (nutrition, respiration, …) ne peuvent pas se reconstituer. La plupart de ses travaux sont publiés dans les Annales des sciences naturelles, dont il dirige la partie consacrée à la zoologie à partir de 1834. Il publie des manuels à l’usage des collèges. Parmi ses très nombreux ouvrages, on peut mentionner :

Recherches anatomiques et physiologiques sur la circulation dans les crustacés (en 1827) dont Georges Cuvier et André Marie Constant Duméril donnent un rapport à l'académie royale des sciences ; Histoire naturelle des crustacés (1834-1840), qui demeure longtemps un ouvrage de référence ; Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'homme et des animaux (14 volumes, 1857-1881).

En 1823, Henri Milne-Edwards épouse Laure Trézel, fille du général Camille Trézel (1780-1860). Le couple a neuf enfants, dont quatre seulement survivent :

- Julie Milne-Edwards (1831-1857) qui épouse Ernest Dumas (1827-1890) ; ils ont deux enfants, Noël (1854-1943) et Hervé. Julie décède à l’âge de 26 ans. Ernest se remarie avec Cécile Milne-Edwards, sœur de Julie.

- Cécile Milne-Edwards (1832-1917) qui épouse Ernest Dumas ; ils ont un seul enfant, Jean (1865-1907).

- Louise Milne-Edwards (1834-1910) qui épouse Daniel Pavet de Courteille, cinquième enfant de Charles Pavet de Courteille (1788-1868) et de Sophie Silvestre de Sacy (1793-1877) ; ils ont 8 enfants dont Marthe Pavet de Courteille (1864-1946).

- Alphonse Milne-Edwards (1835-1900) qui épouse en 1862 Aglaé Desnoyers (1839-1887) ; le couple n’a pas d’enfant.

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Alphonse Milne-Edwards suit les traces paternelles : il obtient le titre de docteur en médecine en 1859, devient professeur à l'école de pharmacie (1865) et en 1876 succède à son père au Muséum (chaire d'ornithologie et de mammalogie), institution dont il assure la direction à partir de 1891. Il conduit, en 1881, une mission d'exploration scientifique du golfe de Gascogne. Il la prolonge plus tard aux Canaries, aux îles du Cap-Vert et aux Açores. Ces travaux sont récompensés par la médaille d'or de la Royal Geographical Society. Il publie de très nombreux travaux en ornithologie dont Recherches anatomiques et paléontologiques pour servir à l'histoire des oiseaux fossiles de la France (quatre volumes, 1867-1871) et Observations anatomiques sur quelques mammifères de Madagascar (avec Alfred Grandidier, 1867). Il effectue également des recherches sur l'hippopotame du Liberia et des études sur la faune de la Chine, du Tibet oriental, ou encore du Mexique.



Cronologia Ornitologica